À partir de la Première Guerre mondiale, le visage de la Drobie change : la saignée démographique est brutale. Entre 1921 et 1968, la population totale de la vallée chute de près de 60% (chiffres INSEE). De nombreux hameaux sont désertés, les terrasses s’enfrichent.
- Certains récits – collectés par l’association Mémoire d’Ardèche et Temps Présent – évoquent la “montée à Paris” de nombreux jeunes, partis travailler en tant qu’ouvriers ou concierges.
- Les dernières générations de “vieux paysans” continuent à raconter des histoires de “diables” et de “fées des sources” dans la vallée, mais l’usage du patois régresse.
Le XXe siècle voit naître de nouvelles formes de récits : carnets d’immigrés, correspondances d’appelés du STO, mémoires de “retournés” qui tentent de sauver ou de réinvestir les vieilles maisons familiales.
La collecte actuelle : préserver la parole des anciens
Depuis les années 1990, plusieurs initiatives locales s’efforcent de collecter et valoriser cette mémoire : enregistrements, transcription de carnets intimes, publication de recueils bilingues. L’association “Paysages et Mémoire en Drobie” a réalisé plus de 80 heures d’entretiens avec des habitants âgés, dont certains en occitan vivarois, une langue qui n’est plus parlée quotidiennement.