De villages refuges aux maquis de la montagne
La Seconde Guerre mondiale marque un tournant profond. Dès 1942, les vallées reculées de Beaume Drobie deviennent un asile pour les réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire). Des familles accueillent des clandestins, parfois au péril de leur vie. Plusieurs hameaux, comme Les Combes ou Saint-Mélany, furent le théâtre de solidarité active : hébergement de juifs fuyant la déportation, dissimulation d’armes parachutées par la Royal Air Force.
Plusieurs réseaux de résistance s’ancrent dans la forêt de Bauzon et jusqu’à Montselgues. Le maquis de la << Forêt de Bauzon >> réunit fin 1943 près de 80 hommes et femmes, encadrés localement par des figures comme André Dubois (source : Chemins du Midi). Les actions de sabotage de voies ferrées et de destructions de convoyeurs allemands, notamment à proximité du Pont de Labeaume, sont attestées dans les archives de la Préfecture de l’Ardèche.
- En juillet 1944, plus de 1200 soldats allemands sont mobilisés pour ratisser la zone, forçant des centaines d’habitants à l’exil temporaire dans les bois.
- La libération de Joyeuse, le 20 août 1944, donne lieu à des scènes de liesse évoquées dans les témoignages du Musée de la Résistance de la Haute Ardèche.
Stèles et lieux de passage : une mémoire dans le paysage
Aujourd’hui, plusieurs plaques discrètes rappellent ces engagements : au col de Meyrand, la stèle dédiée aux combattants du maquis ; à la sortie de Valgorge, un panneau explique le rôle des passeurs guidant les enfants juifs vers la Suisse, via les sentiers de la Beaume.
Les commémorations du 8 mai et du 11 novembre mobilisent toujours les écoles locales. Celles-ci contribuent à transmettre le récit oral, notamment via le projet « Petits témoins, grandes histoires » coordonné par la communauté de communes Beaume Drobie en lien avec l’ONACVG (Office national des anciens combattants et victimes de guerre).