Un savoir-faire traditionnel remis au goût du jour
Bâtir et entretenir une terrasse est un art délicat. La technique de la pierre sèche, classée au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2018, demande une main précise et une connaissance intime du terrain. Ces dernières années, des collectifs paysans et associations, comme « La Faysse » à Beaumont ou « Terre & Humanisme », organisent des chantiers participatifs pour restaurer ce patrimoine menacé par la déprise agricole et l’embroussaillement.
- Restauration à la main : Un mur de terrasse, selon sa taille, requiert parfois plus de 100 heures de travail manuel pour une remise en état complète.
- Expérience transmise : De nombreux stages et actions de formation sont proposés en Ardèche pour transmettre ce geste millénaire (sources : Fédération Française des Professionnels de la Pierre Sèche).
Les retombées sont tangibles : à Valgorge, suite à la restauration de plus de 500 mètres linéaires de terrasses, un retour des cailles, perdrix et orchidées sauvages a été observé (source : Association Drobie Val de Ligne).
Enjeux climatiques : garder des paysages vivants
Face au réchauffement, l’enjeu des terrasses ne se limite plus à leur fonction patrimoniale ou agricole. Maintenir des sols vivants face à des pluies de plus en plus intenses ; offrir des refuges pour une biodiversité menacée par la monoculture ou l’urbanisation ; éviter un ruissellement destructeur qui menace jusqu’à la rivière. Ces étages de pierre et de terre deviennent des leviers inespérés contre de nouveaux défis : sécheresses, érosion accélérée, feux de forêt.
En Ardèche, la surface de terrasses agricoles en production est estimée à moins de 1 500 hectares, contre près de 8 000 au début du XXe siècle (source : Chambre d’Agriculture de l’Ardèche). Leur maintien, loin d’être anecdotique, redevient donc essentiel.