Forts contre l’érosion des sols
Les Cévennes d'Ardèche, soumises à un climat méditerranéen où se mêlent sécheresses et pluies violentes, sont particulièrement sensibles au ruissellement. Les terrasses absorbent et ralentissent l’eau de pluie, favorisant son infiltration et limitant la fuite des sols. D'après le Parc national des Cévennes, une terrasse bien entretenue peut réduire l’érosion de 70 à 90 % sur les versants exposés (Parc national des Cévennes).
- Stabilisation : Les murs soutiennent la terre et empêchent les glissements.
- Infiltration : Les espaces entre les pierres favorisent l’infiltration de l’eau, rechargeant les nappes phréatiques.
- Diminution du ruissellement : Les terrasses divisent les pentes et freinent la vitesse de l’eau.
Le village de Labeaume illustre cette dynamique : autour du village, les terrasses de vignes et d’oliviers ont limité la perte de subsistance agricole lors des crues de 1890 et 1897, qui avaient pourtant ravagé d’autres vallées plus abruptes (source : France Bleu Drôme Ardèche).
Des microclimats favorables à la biodiversité
La pierre sèche, bien plus qu’un ouvrage humain, crée des niches écologiques inattendues. Les interstices abritent une faune discrète : lézards ocellés, orvets, insectes cavernicoles. Des micromousses, fougères et lichens poussent à l’ombre des pierres, alors que dans les anfractuosités, la salamandre de Spélerpes ou la coronelle lisse trouvent refuge.
- Les murs peuvent accueillir plus d’une trentaine d’espèces différentes d’invertébrés par mètre linéaire (source : Nature d’Ardèche).
- Certains papillons, comme Pyronia tithonus, trouvent dans les marges herbeuses des sources de nectar préservées l’été, alors que le reste de la garrigue souffre de la chaleur.
- Les oiseaux cavernicoles, comme la fauvette pitchou ou le rougequeue à front blanc, explorent ces refuges pour nicher plus à l’abri des prédateurs.
Le Conservatoire d'Espaces Naturels Rhône-Alpes recense par ailleurs plus de 250 plantes vasculaires différentes observées sur ces supports anciennement cultivés dans la région (CEN Rhône-Alpes).