Lorsque la végétation n’est plus entretenue, les murets s’effondrent, la broussaille s’installe, et le feu trouve un tapis continu pour s’étendre. Mais là où des terrasses réhabilitées subsistent, le scénario change radicalement :
- Barrières physiques : Les murs de pierres sèches créent des discontinuités dans la végétation. La chaleur a du mal à franchir ces obstacles, et la progression du feu est ralentie.
- Moindre accumulation de combustibles : Les parcelles cultivées (châtaigniers, potagers, lavanderaies, etc.) présentent moins de matière inflammable que la friche.
- Accès facilité pour les secours : Les terrasses entretenues permettent généralement l’accès des véhicules et des équipes de lutte contre l’incendie, ou au moins le passage à pied pour débroussailler rapidement.
- Humidité résiduelle : Les murets retiennent l’eau, limitant ainsi la dessiccation de la terre et de la végétation en amont des grandes chaleurs estivales.
Ces effets s’observent de manière concrète dans toute la région méditerranéenne. D’après les études de l’IRSTEA (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture, aujourd’hui INRAE), un paysage en terrasses non embroussaillé ralentit jusqu’à 50% la vitesse de propagation d’un feu de pinède (source : IRSTEA, Synthèse 2021 sur la gestion intégrée du risque incendie).