Sur les pentes abruptes du Beaume Drobie, se dresser fut toujours un défi. Dès le Moyen Âge, maîtres maçons, carriers, puis castanéiculteurs (producteurs de châtaignes) et premiers artisans du tourisme ont laissé des empreintes solides. Certains noms ont traversé les siècles, incarnant le courage de vivre et de bâtir ici.
Jean-Baptiste André : l’artisan des Ponts et Chemins
Natif du hameau de Joannas et formé dès son jeune âge à la maçonnerie, Jean-Baptiste André fut l’un des bâtisseurs principaux du “Pont du Gua”, l’un des plus anciens ponts voûtés sur la Drobie (fin XVIIIe siècle, source : Inventaire général du patrimoine culturel, Région Auvergne-Rhône-Alpes). Œuvre de patience collective, le pont reliait les villages des deux rives, favorisant échanges et solidarité.
- Le chantier, difficile, mobilisa jusqu’à 40 ouvriers sur plusieurs saisons.
- André perfectionna une technique dite “à pierre sèche amalgamée”, typique de la région.
- Le pont, classé monument historique en 1993, est aujourd’hui l’une des “portes” patrimoniales du pays.
Francine Gaillard, la force tranquille d’une mémoire agricole
Doyenne de Valgorge jusqu’en 2016, Francine Gaillard fut à la tête de l’une des plus vieilles fermes en terrasses de la commune. Connue pour sa maîtrise ancestrale des techniques de greffage et de restauration des châtaigneraies, elle forma plusieurs générations à la conduite écologique du verger.
- On lui doit, entre 1970 et 2000, la relance de plus de 80 hectares de châtaigneraies oubliées (source : Syndicat de la châtaigne d’Ardèche).
- Elle participait à chaque fête de la récolte de la commune, recueillant de précieuses archives orales transmises aujourd’hui à la Médiathèque Intercommunale du Pays Beaume Drobie.