Un bois emblématique, gage d’ingéniosité rurale
Ici, le châtaignier ne sert pas seulement à nourrir. Sa résistance à l’humidité, aux insectes et aux champignons, a fait de ce bois un matériau-phare dès le Moyen-Âge : charpentes, poutres, planchers, portes, volets, mais aussi clèdes (séchoirs à châtaignes) et granges en sont garnis.
Dans les maisons cévenoles du Pays Beaume Drobie, le châtaignier remplace le chêne ou le pin, trop rares dans ces terres acides. En témoignent ces plafonds à la française, avec poutres massives et lambourdes, qui traversent les vieux mas depuis plusieurs siècles.
- En 1850, la surface des châtaigneraies en Ardèche dépassait 50 000 hectares (source : INRAE). Aujourd’hui, on en dénombre moins de 20 000, mais le regain de la filière permet la restauration de nombreuses bâtisses.
- Le châtaignier est souvent employé pour les bardeaux de toiture, notamment dans les zones exposées. Les anciens disaient : « Châtaignier posé à la pluie dure cent ans ».
On trouve aussi des escaliers hélicoïdaux, des rambardes et des meubles faits de ce bois souple et durable, taillé généralement à la hache, puis séché longuement à l’abri des courants d’air.