Ici, point de route facile autrefois, chaque matériau était extrait à portée de bras. Le granit domine la haute vallée, tandis que le schiste et le grès lui succèdent plus bas. La forêt fournit son lot de poutres pour les charpentes. Les pentes obligent :
- à bâtir en terrasses, chaque maison s’adossant au relief ou épousant le coteau ;
- à pratiquer la voûte (dit « voûte ardéchoise ») pour soutenir les constructions et les protéger de l’humidité du sol ;
- à privilégier de petits volumes, resserrés, pour conserver la chaleur et économiser l’espace cultivable.
Des villages perchés aux mas isolés : adaptation à la pente
Un rapide tour des villages — Sablières, Ribes, Beaumont — révèle la stratégie : implantés sur des promontoires ou à flanc de colline pour se protéger des crues, mais tirer parti du soleil d’hiver. Les maisons s’alignent selon la courbe de niveau, évitant les zones de torrent, s’abritant derrière un rocher ou une haie.
Au XIXe siècle, avant que la route ne redessine l’habitat, certaines fermes n’étaient accessibles qu’à pied ou à dos de mulet. La céréale poussait en terrasse, et l’étable s’adossait à la maison, profitant de la chaleur animale. C’est le règne du "pratique avant tout" — que l’on retrouve encore dans la disposition des anciens hameaux.