Impossible de traverser un vieux village ardéchois sans jeter un œil curieux au-delà d’un porche, d’une porte entrouverte, et d’apercevoir, tapis dans l’ombre, une cour intérieure. Entre lumière écrasante d’été et douceur printanière, on devine tout un monde silencieux : murs de pierre, treille protectrice, traces de jeux d’enfants, bassine de lessive abandonnée à l’ombre. Nées d’une adaptation intelligente au climat et à la vie en communauté, les cours intérieures ont façonné la physionomie des maisons traditionnelles partout dans le sud de la France, en Méditerranée, et bien au-delà.
Dans les villages ardéchois, une maison sur quatre construites avant 1900 présente une cour, aussi appelée « placette », couronne de vie au cœur de la maison. Mais cette tradition ne se limite pas à cette région : les recherches d’urbanisme apportent la preuve que depuis des siècles, la cour intérieure est un trait commun du bâti rural en Provence, dans le Languedoc, en Andalousie, au Maroc (le fameux riad), dans le Piémont italien ou la Grèce, toujours comme espace de transition, espace-refuge et pivot des échanges quotidiens (Source : Architecture vernaculaire, éditions Fage).