Saint-Pierre n’était pas qu’un lieu de culte : il a structuré la vie de la communauté. Jusqu’au début du XXe siècle, chaque événement du village était ponctué par la cloche de l’église : messes, mariages, récoltes bénies, alarmes lors des épisodes de crue. Au XIXe siècle, alors que Labeaume connaît un pic démographique avec près de 950 habitants (source : Annuaire départemental 1865), l’église voit son rôle social renforcé.
- Lieu de délibérations publiques : selon les actes communaux, on y lisait certains décrets royaux ou décisions municipales, faute de salle dédiée.
- Point de ralliement pendant les crues : bâtie hors de portée de la rivière Baume, elle servait de refuge lors des grandes montées des eaux, dont la fameuse crue de 1861.
- Mémoire collective : c’est ici que les pierres commémoratives des “Morts pour la France” sur la façade racontent les drames du XXe siècle, à commencer par la Première Guerre mondiale, qui a endeuillé de nombreuses familles de la vallée.
Une vie paroissiale tissée d’anecdotes
Sous la monarchie de Juillet, l’arrivée de l’abbé Antoine Maure marque un tournant : il est l’un des premiers prêtres à donner aussi des cours élémentaires, faisant de la nef un lieu d’apprentissage. On rapporte aussi l’histoire d’une procession agitée, lors de la famine de 1847, où les villageois, cherchant la pluie, parcourent la plaine avant de revenir s’abriter dans l’église, alors assaillie par un violent orage… exaucée, selon la tradition orale rapportée par l’association “La Mémoire de Labeaume”.