Dans une région où l’eau, la terre et la roche dessinent les liens du quotidien, beaucoup de soins se jouent dans le cercle familial ou communautaire. Les guérisseuses et “faiseuses d’herbes” n’interviennent pas seulement quand le médecin est trop loin : elles sont aussi les premières ressources en cas de fièvre, de blessures des champs, de mal de ventre, d’accouchement.
Le registre d’actes de Sablières, consulté aux archives départementales de l’Ardèche, fait ainsi état, entre 1840 et 1880, de plus de 175 interventions attribuées à Pétronille : accouchements, soins aux brûlures, blessure de faux, mais aussi des actes plus mystérieux, comme la “levée du feu” ou “la parole pour le sang”.
Quelques savoirs transmis par Mère Pétronille :
- Tisane de bruyère pour les troubles urinaires
- Cataplasme de feuilles de châtaignier sur les plaies mal cicatrisées
- Infusion de fleur de sureau contre la fièvre
- Application de poudre de charbon de bois pour “arrêter le sang”
- Baume de cire et miel pour les brûlures légères et les “froideurs”
Ces gestes, relevés dans plusieurs enquêtes ethnobotaniques (Francis Hallé, « Plantes et Paysans », éditions du Rouergue) témoignent d’une adaptation permanente aux ressources locales, mais aussi d’une oralité forte : tout se transmettait par le geste, le verbe, l’attention.