Celui dont la mémoire locale se souvient comme « le dernier meunier de la vallée », c’est Maurice Vey, né en 1918 à Sablières. Fils et petit-fils de meunier, il reprit le moulin familial au sortir de la guerre. L’histoire de Maurice, recueillie auprès de descendants, voisins et dans la revue L’Albarède (n°63, 2009), offre un témoignage rare à la fois sur la fin d’un monde et sur l’attachement viscéral à la vallée.
- Le moulin Vey : Installé en bord de Drobie, au quartier du Pont-de-Fer, il date du XVIIIe siècle. Il servait d’abord à moudre la châtaigne puis, plus ponctuellement, à écraser le seigle des hameaux avoisinants.
- Anecdote : Maurice aimait rappeler que le moulin pouvait avaler jusqu’à 150 kilos de châtaignes en un après-midi d’automne, un chiffre modeste, mais vital pour les habitants.
- Vie quotidienne : Le meunier vivait au rythme de l’eau et des saisons : l’entretien de la béalière, le contrôle de la roue et de ses engrenages, la lutte contre les crues et la sécheresse faisaient partie de son quotidien.
Les années d’après-guerre voient l’exode rural s’accélérer. En 1958, Maurice ferme définitivement le moulin : « Il n’y avait plus de bras pour ramasser les châtaignes, plus assez de bouches à nourrir ». Le moulin, peu à peu, s’endort sous la mousse, mais sa mémoire survit grâce à quelques passionnés, et surtout à la parole transmise lors des veillées.