Si tant de maisons traversent les siècles, c’est parce qu’elles portent en elles la mémoire d’un peuple résilient. On y retrouve des marques d’anciens « caches de protestants » – car la région fut un foyer de résistance lors des guerres de Religion, ou encore des linteaux gravés, mentionnant la date d’achèvement de la maison (« année de grâce 1742 »).
- La renomée de la solidité de ces bâtisses tient du fait que des familles entières y vivent parfois depuis plus de 200 ans, à l’abri du temps et des tempêtes.
- L’art du « recycler », omniprésent : les tuiles cassées forment le remblai des jardins, les menus morceaux de lauze servent au dallage des escaliers.
Aujourd’hui, restaurer une maison cévenole implique d’en respecter l’âme : l’usage de chaux pour les enduits, de lauzes d’origine, le maintien des proportions, l’ouverture de vues sur la vallée. Des guides restaurateurs encouragent aussi l’utilisation de techniques anciennes adaptées, pour préserver l’incomparable harmonie entre bâti et paysage (voir le « Guide du patrimoine bâti cévenol », CAUE de l’Ardèche, 2018).