Dans les Cévennes ardéchoises et d’autres massifs anciens du sud-est de la France, terrasses de pierres sèches et restanques façonnent depuis des siècles le relief, ralentissent l’eau, retiennent la terre, inventent des paysages humanisés là où la pente défie la culture. Entre Beaume et Drobie, ces murs muets sont l’ouvrage de générations de bras. Mais depuis un demi-siècle, nombre de ces terrasses se délitent : le déclin de l’agriculture de montagne, l’exode rural, les ronces et la ruine grignotent ce patrimoine.
Pourtant, partout, un mouvement discret renaît : celui des chantiers participatifs. Des rendez-vous où habitants, néo-ruraux, curieux, jeunes en chantier d’insertion ou retraités solidaires reconstruisent ensemble. Pas de rien : mais de toutes ces pierres posées, comme autant de gestes transmis et de savoir-faire à préserver.